Kwanzaa, la fête panafricaine , origines et croyances



Kwanzaa, la fête panafricaine , origines et croyances

La période des fêtes de Noël, héritée de la tradition chrétienne, est aussi, aux états-unis principalement, le moment de fêter Kwanzaa. Une célébration de la communauté afro-américaine et de ses racines africaines, qu’une association aimerait installer en France.

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« L’idée est venue de discussions avec Laurie Pezeron du club de lecture afro READ !. Nous avons l’habitude de nous réunir entre amis, de partager des idées, et des valeurs », raconte Laure Assembé, cheffe de cuisine auprès du chef congolais Dieuveil malonga, et présidente de l’association naissante Kwanzaa en France. Laurie, aussi chroniqueuse pour Afriscope, et influencée, comme Laure, depuis l’adolescence, par la culture afro-américaine, poursuit : « les valeurs du Kwanzaa et son détachement religieux nous ont semblé cohérent pour initier ce moment de partage ».

Kwanzaa a été lancée, en 1966, par l’historien et militant maulana karenga, proche, un temps, du mouvement Black Panther. « C’est une initiative culturelle qui met en lumière des questions politiques. il s’agit de ne pas uniquement accepter Noël – qui fait référence à la religion des dominants – et de trouver des façons de célébrer les communautés qui ont été discriminées », précise Maboula Soumahoro, maître de conférences, spécialiste de la civilisation américaine et de la diaspora africaine. Fêter kwanzaa c’est alors se réunir et se questionner, du 26 décembre au 1er janvier, dans un esprit panafricain, autour de sept valeurs pendant sept jours : umoja, l’unité ; kujichagulia, l’autosuffi sance ; ujima, le travail et la responsabilité collective ; ujamaa, la coopération économique entre Noirs ; nia, la détermination ; kuumba, la créativité, et imani, la foi dans la communauté. les termes viennent de la langue swahili. Quid des sources proprement africaines de Kwanzaa ? « C’est une fausse question, rétorque Maboula Soumahoro. c’est vrai que ceux qui ont lancé Kwanzaa ont mis l’accent sur ses racines africaines. mais il s’agit surtout de se souvenir de l’afrique, de valoriser un territoire qui a été historiquement dévalorisé ». « Bien que Kwanzaa soit une création afro-américaine, elle est liée à l’Afrique par la danse, la musique, la nourriture, etc. Peu importe à quelle partie du continent. Je suis la 5e génération afro-américaine et je ne sais pas exactement d’où viennent mes ancêtres, donc j’ai le luxe de choisir les aspects du continent que je veux célébrer et intégrer dans ma vie » témoigne Cheryl Bolden. Résidant aujourd’hui en France, elle est à la tête du musée itinérant, le Precious cargo (1), à Aubervilliers (93) et a prévu d’y organiser Kwanzaa cette année.
Désormais bien connue de la population américaine, Kwanzaa l’est aussi des institutions. On se souvient du Président Obama souhaitant ses voeux pour les familles fêtant kwanzaa. aurait-elle perdu de son « tranchant politique », comme le suggérait l’écrivain Waberi (2) ? Pour Maboula, la reconnaissance « n’est pas forcément la déperdition d’un message. Ça veut dire aussi qu’elle est entrée dans les moeurs ». Kwanzaa serait célébrée, à proprement dit, par 2% de la population étasunienne. Et Maboula de préciser : « Elle est circonscrite au milieu des activistes, à tendance panafricaine et afro centriste ». Pour Nicole Powell, afro-américaine, vivant à New york, cette fête reste en phase avec une urgence politique : « Kwanzaa est plus nécessaire que jamais. les états-unis ont encore du chemin à faire en ce qui concerne la représentation des Noirs ».

La fêter en France, selon Cheryl Bolden, cela prend aussi tout son sens : « La période de Kwanzaa est un temps pour discuter des problèmes qui affectent la communauté. Le troisième jour centré sur « ujima », le travail collectif et la responsabilité, encourage la communauté à faire les choses et à ne pas tout laisser aux mains des politiciens ». C’est justement avec celles et ceux « qui font des choses » que Laure Assembé et Laurie Pezeron créent Kwanzaa en France. « Nous avons tous des professions différentes mais avons, aussi, tous créé autour de notre culture, qu’il nous semble important de transmettre à nos enfants. Pour favoriser une connexion entre eux, leur inculquer nos valeurs, et leur montrer le chemin à suivre ». un moyen de plus pour cela, voilà toute l’ambition de Kwanzaa. 

 

 

Voici 5 chose à connaître sur Kwanzaa:

 

 

1. Kwanzaa n'est pas nécessairement une alternative à Noël.
Maulana Karenga a écrit: «Kwanzaa n'est pas une fête religieuse, mais une fête culturelle avec une qualité spirituelle inhérente. Ainsi, les Africains de toutes les confessions peuvent célébrer et fêtent effectivement le Kwanzaa, à savoir les musulmans, les chrétiens, les Hébreux noirs, les juifs, les bouddhistes, les baha'is, les hindous, ainsi que ceux qui suivent les anciennes traditions de Maat, Yoruba, Ashanta, Dogon, etc. . "

Kwanzaa n'est pas censé être une alternative à Noël. Karenga l'a créée après que les célèbres émeutes de Watts aient ébranlé les États-Unis dans le but d'unir et d'habiliter la communauté afro-américaine. Kwanzaa se veut une célébration de la culture afro-américaine et non un substitut pour Noël. Beaucoup de gens célèbrent Noël et Kwanzaa.

2. Kwanzaa a été créé pour enseigner sept principes
Lorsque Karenga a créé Kwanzaa pour aider à unifier et à autonomiser la communauté afro-américaine, il a choisi sept principes culturels issus de différentes cultures africaines. Kwanzaa est tout à propos de Umoja (unité), Kujichagulia (autodétermination), Ujima (travail et responsabilité de la communauté), Ujamaa (économie partagée), Nia (but ultime), Kuumba (créativité) et Imani (foi).

3. Les cadeaux faits maison sont préférés aux achats au magasin.
Ceux qui célèbrent Kwanzaa essaient d'empêcher les vacances d'être commercialisées au même titre que Noël, Halloween et Pâques. C'est pourquoi, au lieu de participer à la course folle d'acheter des cadeaux de vacances dans les centres commerciaux, nous vous encourageons à les offrir à la main. Toutefois, si le participant n’est pas particulièrement malin, il achètera souvent de la musique, des fournitures artistiques, des livres ou des produits culturels à une entreprise appartenant à des Afro-Américains. Les cadeaux représentent souvent l’unité, la créativité et la gentillesse. Ils sont donnés non seulement aux membres de la famille, mais également aux invités et aux amis pour les accueillir comme membres du groupe et promouvoir l’unité de la communauté.

4. Kwanzaa dure sept jours.
Semblable à Hanoukka, Kwanzaa dure sept jours et organise une cérémonie d'allumage de bougies. Une bougie est allumée chaque jour de Kwanzaa. Une fois que la bougie a été allumée par un enfant, un principe est discuté pour la journée.

Le premier jour, on discute de «Umoja» ou Unité, qui traite principalement de l’unité de l’humanité dans son ensemble, de la nation, de la communauté locale et enfin de la famille.

Le deuxième jour, on discute de l'autodétermination, ou «Kujichagulia», la capacité de parler pour soi et pour les autres.

Le troisième jour, on discute de «Ujima». Ujima encourage la construction d’une communauté et le dépannage de son voisin.

Le quatrième jour, «Ujamaa», on discute de ce qui est le mieux défini comme «économie coopérative». L'idée est de créer des magasins et des entreprises qui travaillent ensemble, plutôt que de se faire concurrence.

Le cinquième jour, on discute de «Nia». Comme Karenga l’a écrit, il s’agit là du but «de faire de notre vocation collective l’édification et le développement de notre communauté afin de redonner à notre peuple sa grandeur traditionnelle».

Le sixième jour, on discute de la «Kuumba» ou de la créativité. La créativité à Kwanzaa consiste à embellir la communauté et à en faire un lieu meilleur pour les générations futures.

Le septième jour, on discute de «Imani» ou de la foi. Ce n'est pas une foi religieuse, mais une foi réciproque et une foi qui finira par mettre un terme à la lutte de la communauté afro-américaine. Traditionnellement, le septième jour, des cadeaux significatifs sont offerts les uns aux autres, qui encouragent la croissance et le succès, récompensent les réalisations et célèbrent la créativité.

5. Tout le monde peut célébrer!
Selon le fondateur de Kwanzaa, tout le monde peut célébrer Kwanzaa. Il n'est pas nécessaire d'être afro-américain pour observer la fête, il suffit de respecter la culture et les idéaux représentés par Kwanzaa. Tout comme les non-Mexicains peuvent célébrer Dia de Los Muertos et Cinco de Mayo, et que les non-Amérindiens participent souvent à des pow-wow, les non-Afro-Américains peuvent observer Kwanzaa s'ils le souhaitent.

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